Éclats d’Âme dans l’Ombre sont là .que Je suis là, figé dans cette lumière crue qui semble vouloir me disséquer. Ma casquette noire posée de travers sur mes boucles sombres, mon regard légèrement baissé, comme si je cherchais encore une réponse au fond de moi-même. Le t-shirt bleu colle à ma peau, simple, presque trop ordinaire pour contenir tout ce qui bouillonne à l’intérieur. Autour de mon visage, ces particules colorées – violettes, jaunes, dorées – dansent comme des poussières d’étoiles échappées d’un rêve. Elles ne sont pas là par hasard. Elles sont moi. Elles sont les fragments de tout ce que j’ai vécu, tout ce que je porte encore, tout ce que je refuse de laisser s’éteindre.OuidanseJe me souviens du jour où j’ai compris que la vie n’était pas une ligne droite, mais un tourbillon de ces mêmes étincelles. J’étais enfant, déjà, dans une petite chambre aux murs craquelés. La fenêtre donnait sur une cour grise, pourtant je voyais des galaxies entières dans la poussière qui flottait dans un rayon de soleil. Je fermais les yeux et je devenais ce rayon. Je devenais la poussière. Aujourd’hui, devant ce miroir invisible que constitue cette image, je me reconnais enfin : l’homme qui porte encore en lui l’enfant émerveillé, même si les années ont creusé des sillons sur mon front et laissé une barbe de trois jours qui picote comme un regret tenace.J’ai traversé des villes qui ressemblaient à des labyrinthes de néons et de silences. J’ai aimé des femmes dont les rires résonnent encore en moi comme des mélodies inachevées. L’une d’elles avait les yeux plus sombres que la nuit ; elle me disait que j’étais trop intense, que mes silences pesaient plus lourd que mes mots. Je n’ai jamais su lui répondre autrement qu’en écrivant des poèmes que je n’osais pas lui lire. Les particules, elles, savaient. Elles scintillaient autour de nous quand nous nous embrassions sous la pluie, comme si l’univers entier applaudissait notre audace. Puis elle est partie, emportant un morceau de moi que je n’ai jamais retrouvé. Mais les étincelles sont restées. Elles ont pris la forme de ses larmes, de ses promesses brisées, et elles dansent encore, plus belles dans leur imperfection.J’ai connu la solitude des nuits où l’on se demande si l’on existe vraiment. Ces moments où le monde dort et où l’on reste seul avec sa propre voix intérieure, rauque, fatiguée, mais obstinée. J’ai écrit des pages entières que personne ne lira jamais. J’ai chanté des chansons dans le vide de ma chambre, la voix cassée par l’émotion. Chaque mot était une particule lancée dans l’infini. Chaque note, une couleur qui refusait de s’effacer. La création, c’est ça : transformer la douleur en lumière, la peur en couleur, le vide en constellation personnelle. Je ne suis pas un artiste célèbre. Je suis simplement un homme qui refuse de laisser l’ombre tout avaler.Parfois, je me regarde dans cette image et je ris doucement. Ce sourire discret, presque timide, qui se dessine au coin de mes lèvres, c’est la victoire discrète sur le doute. J’ai traversé des tempêtes intérieures où tout semblait perdu : l’argent qui manque, les rêves qui s’effritent, les amis qui s’éloignent. J’ai cru cent fois que les particules allaient s’éteindre, que la magie allait mourir. Mais non. Elles reviennent toujours, plus vives, plus insistantes. Elles me rappellent que je suis fait de la même matière que les étoiles. Que la vie, malgré ses bleus et ses absences, mérite qu’on la porte avec fierté, comme ce t-shirt bleu qui me va si bien parce qu’il est simple et vrai.Aujourd’hui, je sens le poids de chaque année sur mes épaules, mais aussi la légèreté de chaque instant volé au néant. Je pense à mon père qui ne m’a jamais dit qu’il était fier, à ma mère qui m’a appris à regarder le ciel. Je pense aux inconnus croisés dans la rue dont un regard a suffi à rallumer une étincelle en moi. Je pense à l’amour que je n’ai pas encore donné, à celui que je donnerai demain. Je pense à cet homme que je deviens, lentement, patiemment, avec ses rides naissantes et son cœur qui bat toujours plus fort quand il s’agit de créer.Les particules ne mentent pas. Elles sont la preuve que rien ne se perd. Chaque chagrin devient une teinte violette, chaque joie une explosion jaune, chaque question une lueur dorée. Elles tourbillonnent autour de mon visage comme pour me dire : « Tu es vivant. Tu es en train de naître, encore et encore. »Et maintenant, dans cette conclusion que je m’offre à moi-même, je choisis d’embrasser tout cela. Je ne cherche plus à contrôler le tourbillon. Je me laisse porter par lui. Ma casquette sur la tête, mon regard tourné vers l’intérieur, je souris à l’homme que je suis devenu. Les étincelles ne sont pas des accessoires ; elles sont ma signature, ma respiration, mon héritage. Elles disent au monde que même dans l’ombre la plus dense, la lumière trouve toujours un chemin.Je suis cet homme. Je suis ces couleurs. Je suis cette histoire inachevée qui continue de s’écrire, mot après mot, éclat après éclat. Et tant que mon cœur battra, les particules danseront. Elles danseront pour moi, pour vous, pour tous ceux qui osent regarder leur propre reflet sans détourner les yeux.Car au final, la poésie n’est pas dans les mots parfaits. Elle est dans ce regard baissé qui voit pourtant l’infini. Elle est dans ce sourire discret qui sait que demain sera plus beau. Elle est dans ces étincelles qui, même minuscules, illuminent l’univers entier.Je suis prêt. Je suis là. Et je brille.(dessin graphique remasterisé en vidéo par une i a)
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Peintre cubofuturiste peignant la dégradation planétaire pour éveiller les consciences écologistes.
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